L’éthique en restauration d’objets ou de mobiliers
Le métier de doreur s’il s’apprend à l’école, est surtout une question de transmission de savoir-faire et d’expérience. C’est ainsi que sont parvenus jusqu’à nous tous les procédés anciens que j’utilise, particulièrement en restauration d’objets et de meubles.
Les recettes utilisées dans de vieux manuels font parfois appel à des produits qui ne sont plus commercialisés. Les fabricants ont développé leurs catalogues, proposant des produits innovants qui doivent être utilisés à bon escient en fonction de leur efficacité, tout en respectant au maximum l’œuvre à restaurer.
Le manque de recul vis-à-vis des produits actuels, leur compatibilité avec le support existant, leur pérennité, nous empêchent d’en faire un usage systématique en les considérant comme des références, des normes absolues, car à long terme cela pourrait entraîner de grandes désillusions. Je fais par exemple référence à certains solvants de la famille des dipolaires aprotiques (comme le diméthylformamide) qui étaient très en vogue dans les années 1980 et qui s’avèrent, avec du recul, très dangereux pour le doreur, mais également dommageables pour l’œuvre. Ces produits ont été définitivement abandonnés.
Toutefois, tradition et progrès sont parfois complémentaires pour effectuer au mieux une restauration des objets d’art dans le respect des maîtres qui les ont réalisés.
La maîtrise complète, que se doit de rechercher tout restaurateur ne lui donne pas pour autant le pouvoir d’affirmer qu’une méthode prévaut sur une autre de manière systématique. Un peu comme le médecin établissant un diagnostic, il faut là aussi faire preuve d’un sens aigu de l’observation et d’une connaissance parfaite des possibilités offertes en matière de restauration-conservation.
Voici les questions que je dois me poser avant mon intervention
Comment dois-je intervenir ? Quel degré d’intervention et quelles méthodes adopter pour une restauration d’un objet d’art ? Toutes les réflexions en amont vont venir m’éclairer à condition de ne pas négliger le poids de la tradition. Pour chaque œuvre, il est nécessaire de se reposer ces questions fondamentales et d’étudier la méthodologie à adopter. Mon objectif primordial est d’aborder mon travail en conservation, cela sous-entend, en ce qui concerne la dorure, de sauvegarder au maximum l’existant.
Ce but premier est intimement lié à celui de stopper de manière efficace toutes dégradations supplémentaires qui mettraient l’œuvre en péril. Tout restaurateur est alors confronté à un dilemme : s’il intervient de façon minime, ce choix permettra-t-il de prolonger suffisamment la vie de l’œuvre pour que les générations futures puissent elles aussi la découvrir ? S’il opte pour une restauration plus conséquente, cela ne nuira-t-il pas à l’intégrité et à l’authenticité de l’œuvre ? Parfois aussi, les restaurations antérieures, effectuées de manière disgracieuse ou abusive, nous amènent à réaliser une « dérestauration » pour redonner à l’œuvre sa beauté d’antan.
Conclusion
Pour conclure, les deux principes que le restaurateur doit toujours avoir à l’esprit sont d’une part d’œuvrer en conservation et d’autre part en restauration. Il ne faut en aucun cas privilégier une seule manière d’intervenir mais bien au contraire s’efforcer de trouver un juste milieu.
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